Non-mauvaise année 2016.

P1000756Je regarde par la fenêtre. La pluie et le vent rivalisent de violence. Cette nouvelle année est déjà née, déjà morte, déjà trop longue… Et pourtant cela ne fait que cinq jours, cinq interminables jours. Nous allons porter des vœux, des envies et souhaits. Pour qui, pour quoi, pour rien. Rien ne changera, rien ne sera mieux que toujours plus terrible, toujours plus mortel. Nous allons regarder, spectateurs impuissants, le monde bouger dans un miel lénifiant et acide. Les chefs, les élus, les chantres de l’organisation mondiale vont nous écraser encore un peu plus, détruisant, brique après briques les constructions tentées d’un monde idéal.

Le bien sera remplacé par un non-bien, par une langue positive non-contraire d’un mal non-existant. Et le double-mieux de cette année lobotomique, ne sera que l’avènement un monde non-mal, sanctifié par les fabricants de slogans organiques qui prennent dans les tripes la substance spermicide de l’anéantissement de toute une humanité non-bien. Cette langue qui corrompt le sens, le terme et la volonté de non-voir, non-entendre, non-dire. Mais j’ai oui-dire que le monde ne changerai que par la conscience d’une autre langue, d’un autre verbe et par l’avenir de celui qui dit non.

Non, je ne suis pas celui qu’ils veulent que je sois. L’être le plus profond comprend la nature de la non-langue, de la non-expression. La bête toujours plus bête qui recherchera dans une bêtise encore plus grande la justification de cette idiotie. Le parler d’un autre temps, conjuguant les verbes et les présent à l’infini. Le parler de la tête, de la pensée, de la réflexion sans génuflexion devant les médias politiques infantiles qui se résolvent dans l’anéantissement des sous-hommes, des sous- cultivés, des pauvres.

Cinq jours de dégoût, cinq jours de trop dans ce monde insoluble. La pâte d’amande et la guimauve dégoulinent le long des murs des ministères, des industries, des pyramides bancaires plongeant leurs larges bases dans autant de fiel et de sang que les non-hommes peuvent en produire. Je suis de ceux qui ne veulent plus subir la non-raison. Je veux ouvrir les yeux sur un monde conscient, sur un non-eux. Le dégoût et bile coulent de mon appendice cérébral vomit par les ordures verbales de ces gens en complets vestons, qui se posent dans les rues pour accomplir les simulacres d’indignation et de remise de gerbe, comme autant de vomit sur les chaussures de ma raison. Ils sont insultants comme autant de pauvres hommes contorsionnés dans le non sens, dans la grande bêtise de leur propre intellect collé comme un chewing-gum à la roue de la poubelle en plastique verte d’une boucherie chevaline.

Alors oui, j’ai vu, je sais et ils savent que je sais et que j’ai vu. Nous sommes nombreux à voir et à savoir, à comprendre la manigance, la supercherie de ces crapules endimanchées de mauvais goût et de costumes trop longs ou trop court. Ne sommes nous pas des non-hommes, des sous-hommes ? Les nouveaux sous-homme d’une nouvelle caste qui veut nous faire comprendre que nous ne comprenons pas, que nous n’adhérons pas, alors qu’il le faudrait. Sommes-nous non-sages, non-obéissants… Des enfants terribles, dangereux et contestataires.

Oui nous sommes nous, nous sommes tous, nous sommes ceux qui sont car nous avons vu que vous saviez que nous avons vu. Notre nouvelle langue, inaudible par vous qui ne pouvez plus lire ni comprendre, pris à votre propre piège. Détruisant le verbe, vous ne savez plus l’utiliser, dans la malignité ou la ruse. Pauvres types, pauvres morues abjectes, vous avez perdu l’art de manipuler. Sombres idiots, vous n’avez même plus le talent de nous faire croire que vous étiez exceptionnels. Votre élitisme de pacotille touche les fondements d’un vocabulaire de cour de récréation que vous ne pouvez utiliser qu’avec vos médias demandant du papier journal à l’heure de l’essuyage de fesses dans les toilettes.

Voulant nous apprendre la leçon vous l’avez un peut trop apprise pour vous même. Voulant faire de nous des médiocres, vous l’avez fait de vous mêmes.

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Interdit aux demandeurs d’emplois…

demandeur d'emploiUn vendredi soir, presque comme les autres… Mais pas que… Je suis invité à une réunion. La salle est jaune et propre, le groupuscule réduit, les gens sympas… C’est une réunion d’association pour le bien vivre ensemble au niveau communal. Je repère rapidement les altruistes et les égoïnomanes… On discute, on palabre, je donne mon avis que personne n’avait demandé… Mais bon tout est clair, limpide…

C’est le moment de la cacahuète et du verre de rosé… Trop peu pour moi… Ah, mon Coca~Santo… Merci… Puis mes oreilles captent une bribe, puis deux, venant du « journaliste » présent. La mine bien mise et l’appareil dégoulinant, il est resté pour faire un article sur la réunion… Bon, ce n’est pas un journaliste, mais un correspondant de feuille de chou, torchon local sans aucun avis sur rien et pamphlétaire des fêtes de la saucisse et des bals du troisième age aux odeurs de collants chaud…

« Il faut radier les chômeurs qui refusent… Ouais, au bout de trois propositions d’emplois… Dehors… » ; « Y-en a marre… J’veux bien être solidaire, mais bon… ».

Le pourquoi et le comment de cette déclaration face à une ancienne assistante sociale à la retraite, je ne saurais dire… J’ai compris que ce monsieur, exerce le même travaille depuis… Houla, longtemps… Un travail un peu libéral, genre géomètre expert… « j’me suis fait tout seul »… Qui profite bien de ses relations avec les entreprise locales, les élus locaux…

Alors, Monsieur le correstruc… Quand vous aurez fini de nous sortir les mêmes lieux communs, insufflés dans votre esprit spongieux aussi poreux qu’une crêpe bretonne un jour de crachin en Armorique…Vous nous le direz… Proposer quoi à qui ? Un petit calcul, aujourd’hui il existe environ… Heu ben on ne sais pas exactement mais… 8 millions offres d’emplois en France ? C’est en comptant les offres de franchises, les offres bidon, les offres sans minimum légal, les offres à 1/2 temps, à 1/3 temps, les offres de commerciaux, les offres pour le job qui vous tue en 15 jours (démouler des bacs de viande congelée de 25 kg sur un billot en inox toute la journée… En frappant très fort et en mettant le bac au dessus de sa tête…), les offres d’escrocs… Donc tout va bien, si il y a 6 millions de personnes en situation précaire ou assimilés, il restera 2 millions d’offres non pourvues…. Super !

Sachant que le problème ne se réglera pas de manière comptable, nous allons penser un peu à l’humain… Proposer des offres aux demandeurs, et au troisième refus… Hop, dehors… Plus d’alloc, plus de sécu… Très bien et ou avez vous trouvé les agents pour les proposer ces offres. Oui, vous savez que grâce à ce merveilleux libéralisme que vous aimez tant, il n’y a plus de fonctionnaires, ni d’agents Pole emploi,  pour faire cela…

Donc admettons, Mathieu célibataire refuse sa troisième offre d’emploi… RADIE !  Il est donc obligé de quitter son logement… il ne peux plus payer son eau, son gaz, son électricité, il doit vendre sa voiture… Il doit se trouver un carton dans la rue… Il vient grossir la dose de haine qui enfle de jour en jour. Et puis il devient délinquant, il prend de la drogue pourquoi pas, il habite la même ville que vous, tourne mal, vole une voiture, roule en état d’ivresse et tue votre fille à la sortie de l’école…

Oui, je sais j’exagère, mais… il pourrait marcher, ne pas utiliser les transports en commun non plus, il devrait ne pas aller chez le médecin, ne plus utiliser les services sociaux, rester chez lui… Mais non, il n’en a plus vous l’avez exproprié… Et puis bientôt on va lui mettre un brassard orange avec un DE dessus, pour l’identifier et lui interdire l’entrée des centres commerciaux, des bibliothèques, des piscines…

J’ai la solution au final, vous pourriez l’euthanasier, oui ! Le problème a une solution : éliminer les 6 millions de gens en situation précaire… avec un programme intelligent de manipulation, un soleil vert nouvelle formule : LE PROGRAMME RENAISSANCE (c)…

En quelques mois, les 6 millions de chômeurs disparaissent en fumée, plus que des citoyens de la classe moyenne aux portefeuilles bien remplis… Que des consommateurs… que des gens bien, sans pathologies, peroxydés et blonds comme le reflet blanchâtre de votre morale consumériste…

Ah, au fait je suis désolé d’apprendre que votre activité ne se porte pas très bien, vous allez peut être être au chômage… Désolé… Aller courage !